► Le Point sur les Marchés Financiers

- Recommandations générales

Alors que juillet s’est terminé sur une conjoncture mondiale stabilisée et une accalmie dans les relations américano-chinoises, le mois d’août a clairement douché les investisseurs sur ces points :

  • La majeure partie des indicateurs macro- économiques a déçu.
  • Le Président des Etats-Unis d’Amérique a relancé ses attaques à la Chine avec son tweet du 02/08 indiquant la mise en place des droits de douane dès septembre.

Les performances des classes d’actifs sur les quatre dernières semaines se sont donc logiquement affichées autour de cette nouvelle donne :

  • Les taux 10 ans AAA se sont repliés de 40 à 50 bp, soit un gain de 2,5 à 4%
  • Hausse de l’or (9%) et des mines d’or (8%)
  • Les actions ont reculé de 5% environ, de façon homogène sur toutes les zones, avec un fort contraste entre les valeurs/secteurs défensifs et ceux cycliques/value. Les obligations high yield sont en légères progression grâce à la baisse des taux de référence,
  • Le Dollar est flat contre l’Euro. 

Cette dégradation de l’environnement macro-politique mondial a relancé les spéculations sur de nouvelles tentatives de reflation :

  • On connaît celles des banques centrales, qui envisagent de nouvelles baisses de taux (Cf. discours de la FED à Jackson Hole vendredi dernier), un nouveau QE voire des mesures encore plus fortes (réunion de la BCE, le 12 septembre) ;
  • Mais les gouvernements s’y mettent également : en Allemagne l’idée d’une relance budgétaire de 1,5% du PIB fait son chemin, mais elle induit une révision constitutionnelle depuis que Mme Merkel a fait inscrire dans le marbre le principe de l’équilibre budgétaire. Les Pays-Bas (dont la dette publique ne représente que 52% du PIB) réfléchissent également à une telle relance ; enfin les USA ne sont pas en reste, Donald Trump fait travailler son administration sur de nouvelles baisses d’impôts.

Entre les politiques monétaires de plus en plus accommodantes et les politiques budgétaires de plus en plus expansionnistes on peut dire que le volontarisme économique des autorités est porté à son maximum et devrait porter ses fruits sur les 6 à 12 prochains mois. 

La bonne nouvelle du mois provient des résultats du 2ème trimestre des sociétés américaines : 74% des entreprises ont battu les attentes des analystes (moyenne historique : 65%) ; le recul de 1,1% attendu fin juillet versus les résultats du 2ème trimestre 2018 se transforme maintenant en un gain de 3,2%, soit une révision haussière de 4 points sur le mois d’août, nettement au-dessus de la moyenne historique 3,3% et donc significative.

Sur le plan sectoriel, ce sont la finance, la santé, les biens d’équipement, les matériaux et la technologie qui produisent le plus de surprises positives sur le 2ème trimestre et le plus de résilience aux révisions baissières des 3ème et 4ème trimestres. A l’inverse l’énergie et la consommation cyclique contribuent le plus négativement aux prévisions.

La forte sous performance des fonds value sur le mois ressemble donc plus à une anomalie liée à la remontée de l’aversion au risque qu’à une dégradation des fondamentaux.

- Prévisions de marchés

Le message général est inchangé, le trading range sur les marchés actions de +5/-10% reste d’actualité et va probablement durer plusieurs mois encore. En effet il est le produit de la confrontation de plusieurs facteurs contraires :

1.    Les tensions commerciales vont persister car les chinois semblent de moins en moins enclins à faire des concessions, et d’une façon générale le risque politique (Brexit, Italie, Iran, Hong-Kong) reste bien présent et c’est cet environnement qui alimente la méfiance des investisseurs.

2.    Le volontarisme économique évoqué précédemment réduit en principe le risque de récession à 12 mois, qui est l’horizon de travail des marchés ; mais ce volontarisme n’est pas suffisant car c’est la stabilité de la confiance des entreprises et des ménages qui assurera le maintien de la croissance mondiale au-dessus de 2,5%, qui est le niveau qui sépare l’économie internationale entre croissance et récession. Nous sommes donc davantage dans environnement dont la croissance est ralentie sur le long terme, que dans un scenario de rupture avec récession à la clé.

3.    Les bons résultats du 2nd trimestre, ainsi que les révisions modérées sur le 3ème et le 4ème trimestre ont limité la baisse des marchés en août ; c’est important car cela montre l’état d’esprit nuancé des investisseurs, qui font la part des choses entre un environnement macro dégradé et les entreprises qui performent.

4.    Le P/E du S&P 500 sur les résultats 12 mois est de 17X, celui de l’ES 50 de 13X, proches de ceux d’il y a un an. Sur cette base, la valorisation des indices est donc raisonnable et cohérente avec les variations récentes de ses paramètres, et constitue une puissante force de rappel à moyen terme alors que les rendements obligataires continuent de refluer partout.

5.    Trois menaces à ces valorisations attractives :

  • Poursuite des révisions baissières des bénéfices S2 2019 et 2020,
  • La baisse du P/E des valeurs de qualité/croissance,
  • Forte remontée des taux longs.

6.    Le sentiment des investisseurs est ambigu :

Pour les éléments négatifs :

  • La poursuite de la baisse des taux 10 ans,
  • La dégradation de l’environnement en août risque de provoquer un réflexe de prudence et de préservation de la performance 2019 donc peu de flux acheteurs

Pour les éléments positifs :

  • Les actions américaines sont restées dans un range -3/-7% depuis un mois, passant davantage de temps autour de -3% qu’autour de -7%, on aurait pu craindre pire,
  • Les MM 200 jours, supports significatifs des marchés (soit 2 800 sur le S&P 500 et 3 275 sur l’ES 50) ont bien tenu, les indices rebondissant deux fois dessus les 6 et 15 août,
  • Dès que D. Trump mesure les effets négatifs sur les marchés actions de ses surenchères vis-vis des chinois, il rétropédale aussi rapidement que possible, déclenchant généralement le rebond des indices.

Ce duel entre les faiblesses des marchés et leurs forces de rappel penche selon nous en faveur d’une neutralité « bienveillante » :

En conclusion, nous validons pour le moment le range défini en juillet, soit une évolution des indices entre -5/+10% autour des niveaux actuels. Une baisse supérieure de 5% coïnciderait avec le franchissement baissier des supports ci-dessous et serait donc un signal vers plus de prudence.

Glossaire :

FED : Banque centrale des Etats Unis d’Amérique

BCE : Banque centrale européenne

QE : Quantitative Easing. Assouplissement quantitatif, outil de politique monétaire des banques centrales

P/E: également PER est le Price Earning Ratio. Il s’agit du ratio Cours/bénéfices par action. Il permet de mesurer la cherté d’une action

ZE : Zone Euro

S&P500 : Indice composé des 500 plus grandes capitalisation boursières cotées sur les bourses aux USA

ES50 : Eurostoxx 50. Indice composé des 50 plus grandes capitalisations boursières de la zone euro

MM : Moyenne Mobile. Outil d’analyse, la moyenne mobile indique la valeur moyenne d’un cours de bourse sur une certaine période de temps

Auteur consultant: 
Rédigé par Foundesys avec la participation d'Aurélien AUGLANS Ingénieur patrimonial

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